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L'Arbre à Secrets

Sanctuaire de Mandragores
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January 06

2010, 10 bonnes résolutions

Au début, je pensais surtout à écrire toute une page (déjà écrite dans mon carnet secret, oui c'est encore possible de rester secret même en dévoilant (presque) tout sur internet^^) sur les gestes qui sauvent pour éviter d'angoisser avec la rentrée. (ça me fait tellement flipper de rentrer en Irlande... peu de choses m'y rattachent, il faut juste que je sois plus ancrée dans mes repères, mes habitudes. Selon ma cousine, au bout de 3 mois ça devient vraiment bien, et tout démarre enfin! eh ben là en janvier, ça fera 3 mois, je sens déjà qu'y a du mieux depuis début octobre!) Alors j'ai écrit sans m'en rendre compte, 10 trucs pour ne pas flipper. Au final, je me dis que ça ressemble vraiment à ces fameuses "bonnes résolutions". Eh ben, même si c'est à la mode de dire qu'on pisse sur les résolutions et que notre résolution est de ne pas en avoir, moi je profite de l'occassion pour m'y forcer... positivement bien sûr. Pas le sacrifice humain annuel! Dire que c'est un rituel instauré dans les moeurs que finalement de se purifier, de s'astreindre à respecter en somme un idéal, moi je trouve que c'est fantastique. L'intention y est, même si la pratique ne suit pas toujours, mais au moins, nous offrir une détox quasi compulsatoire, à laquelle on pense, on est amené à réfléchir à chaque début d'année, je dis merci Janvier! Certes, la détox d'idées noires et de mauvaises habitudes, c'est quand on veut, quand on sent qu'il le faut, peu importe que ce soit en avril, en juin ou en novembre. Mais une petite détox de plus tous les 1ers de l'an, c'est trop une aubaine. Et ça fait de mal à personne!
 
Du coup, ça m'a motivé à partir en introspection... C'est clair, y a un truc qui tourne pas rond chez moi pour être aussi flippée par la rentrée et par mes casse-couilles d'élèves... Entre autres, j'ai pris les résolutions... de toujours penser que même dans les situations merdiques, on peut filouter! que quand on rentre chez soi, on se lave de sa journée, et on repart sur un auutre espace-temps, bon sang, on profite de sa nouvelle liberté! on se vide la tête, interdiction de ressasser! On s'épanouit en lisant, en parlant, en riant, en écoutant de la musique, en arrêtant d'être aussi... dans sa tête, dans ses angoisses et ses problèmes. En devenant un peu autre, en prenant part à une conversation de manière intense, en se focalisant totalement sur l'autre ou les "plusieurs" autres qui parlent, qui ont des choses à exprimer. Nous, on pose nos bagages un peu lourds de la journée, et on laisse tout couler... Surtout, j'ai pris la bonne résolution de prendre tout expérience dans ce pays comme un gain personnel, comme une chance, une aubaine! D'absorber chaque détail, de le trouver beau, enrichissant, de voir l'amour et la joie dans chaque chose, de rechercher ces sentiments, de vivre pour ces sentiments. D'être heureuse d'apprendre, et de laisser tomber les "sorry" à toutes les sauces, et les impressions déroutantes d'être nulle, de pas être à sa place. On est partout à sa place, du moment qu'on s'intéresse à autrui. Pour éviter de ruminer des problèmes débiles et triviaux, s'infiltrer plus dans la vie des autres, désirer connaître leur avis, leur montrer qu'ils importent pour nous, c'est ça qui compte!
 
Bref, 2010 doit être belle, zen, enrichissante, et axée sur autrui. Plus. Je sais que c'est la clé pour trouver une place qui me corresponde mieux un peu plus chaque jour...
January 05

Once, John Carney


Dublin. Il chante dans la rue, elle est de condition modeste. Son mari est resté en République Tchèque, lui sort d'une rupture amoureuse difficile... Ces deux êtres vont se rencontrer et se lier d'amitié autour d'un rêve commun : la musique.


Des sons pour exprimer ce que les mots peinent à dire. Des voix pour chanter les regrets et les souhaits. Juste un simple film sur la musique. Un film à petit budget, un film modeste, mais un film magique. C'est le mariage de la musique avec le scénario, comme une voix off qui commenterait le moindre battement de cil. En effet, la musique a pour rôle de choeur dans ce film intimiste et chaleureux où on se sent d'emblée chez soi, où la chambre du héros nous est familière. On pourrait jouer sur tous les homonymes du mot choeur, mais l'essentiel c'est de vivre l'aventure avec les personnages. C'est de répondre à l'appel convivial des voix et de partager. Parce que s'il y a une qualité intrinsèque au film, c'est bien sa générosité. Il nous offre et les mots et les notes et les émotions. Il nous convie aussi à y croire, à nous lancer. Sans aucun doute, mon coup de coeur du moment.

Once, c'est aussi un nouveau genre, le film-concept d'une boite à musique, réalisé avec peu de moyens. Un petit conte mis en chansons, ou un long clip musical et narratif... Une belle histoire.


Acteurs : Glen Hansard et Markéta Irglova.

Anecdote : Le producteur s'étant retiré du projet à la dernière minute, le film a été réalisé en deux semaines, sans aucun permis de tournage et sans même payer les acteurs!

" Falling Slowly" du film Once, interprété par les deux acteurs.
  
December 31

Friquons, fricassons, petits fripons!

J'aimerais tant baigner dans un univers onirique perpétuel, parler aux animaux et voler au-dessus des forêts, visiter les planètes et me coiffer d'étoiles... Je viens de faire un puissant test psychologique Jungian, et je suis un être idéaliste, zélateur (j'adore ce mot), guérisseur (ah oui ça j'aime beaucoup aussi!), lyriste (oui!!), arbitre et non-directif. Jusque là, que du bon! Mais en ce moment, mon angoisse c'est l'avenir professionnel, disons financier.Tellement incertain... j'ai même songé à arrêter mes études un an pour bosser et économiser, mais je ne pense pas que ce soit une bonne alternative. J'en ai marre de stresser comme une folle. J'aimerais juste me téléporter dans un établissement en rêve pour voir ce que ça fait d'être documentaliste, me téléporter dans la vie d'un journaliste-pigiste pour voir si ça me plaîrait et si j'aurais pas peur tout le temps, et puis voir tout le reste, le parlement européen, les candidats, les épreuves, et même tant d'autres choses. J'aimerais que ma vie soit ponctuée de mini-stages pour jauger à ma guise de ce qui est fait ou n'est pas fait pour moi. J'aimerais juste être à ma place, comme les animaux dans la forêt, comme la lune dans le ciel, comme l'eau dans les mers... juste être autant à ma place que le reste nous est évident. Le test dit que je peux m'épanouir en tant qu'artiste (ah ah, dis moi quelque chose que je ne sais pas!), psychologue, rédacteur ou journaliste, thérapeute, conseiller/éducateur religieux, architecte. Jusque là, je suis d'accord. Mais j'ai tellement peur du fric. Je veux dire, le fric difficile à pécho. Le fric qui veut pas venir tous les mois, le fric qui fait son timidou, le fric qu'est abonné absent. Et ca me saoule. J'ai besoin de fric. On vit plus au temps du troc. (fait chier). Donc, comme je ne peux pas m'extraire de la société, je dois composer avec elle. Artiste, c'est bien beau, mais... ça ne fait pas bouillir la marmite. Thérapeute c'est pareil... ce sont des métiers que j'adore, mais une journée dure 24h sur lesquelles je dors 8h, il ne me reste que 16h pour être artiste, thérapeute/guérisseuse, journaliste, puis zélatrice hein, et ramener du ff... foutu fric! comment faire? faire des talismans? des charmes? et invoquer les totems et les dieux?... je suis désespérée, j'aimerais tout faire, voyager, m'amuser, mais il va falloir que je "bosse", comme tout le monde, que je gagne ma croûte et que je m'encroûte... comme tout le monde.
Je vais réfléchir, méditer, et prendre une décision au lieu de m'enliser comme toujours dans la réflexion, l'inaction et la confusion! Au moins, je serai fixée, au pire, je recommencerai...
 
Ajout du mercredi 6 janvier, 5h du mat (normal quoi^^) :
J'ai réfléchi à toute cette histoire, et maintenant que je suis un peu plus sereine, je crois que j'aimerais continuer mes études. Elles me manquent atrocement ces coquines. J'ai besoin d'une vie source d'enrichissement perpétuel. D'abord intellectuel, puis spirituel, esthétique... Les études me le permettraient. Et ce qui est génial avec la vie estudiantine, c'est qu'elle permet aussi d'avoir un boulot à côté... donc 4 ans d'insouciance à mon compte encore? Ma foi, je ne dis vraiment pas non, et être prof chercheur, et à mes heures perdues vampirologue (trip du moment) je vote POUR!!!
 
December 29

...

Prisonnière de mon royaume, antre éteinte,
Je chante la même complainte
Dés qu'un rayon de lumière veut y pénétrer
Je le chasse en hurlant "Ne reviens plus jamais!"
Je le repousse et le dénigre
Pour que l'obscurité toujours survive.
 
Mes mensonges en sont les briques fondatrices
Et mon désarroi a mis au monde deux tours initiatrices
D'un repoussoir à âmes
Et d'un gouffre infâme
Dans lequel je plonge chaque matin
Dés que la parole désire créer un nouveau lien.
 
Mais ma parole est de pacotille
Et mes promesses sont des broutilles,
Seuls mes mensonges sont d'or
Et la vérité, engoncée dans un manteau de fausseté, dort.
 
Cloisonnée dans mon château irréel
Le monde des hommes n'est plus qu'un point immatériel
Sur la mappemonde de mon angoisse.
Je pleure mais les larmes qui en moi croassent,
Ne sont pas visibles par les êtres qui m'entourent.
Ici, les corbeaux et les dragons sont mes seules amours.
 
Depuis longtemps, j'ai jeté l'ancre de la terre des réels,
Et je navigue, errante, sur le continent vain et surréel,
Dans mon royaume d'idées perfides,
Dans ma citadelle aux amours insipides.
 
Rien n'est permis
Tout est vrai,
Rien ne sera dit
Dans cette réalité.
 
Dire ou périr,
Je préfère périr.
Vivre demande du courage
Et le refuge dans l'abîme sera mon seul adage.
 
Mais ma forteresse s'écroule
Et mon ardeur disparaît.
A quoi s'accrocher
Quand on est qu'un fantôme dans la foule?
 
J'aime et je hais ma peur,
Elle m'arrache tous les jours le coeur,
Mais elle calme aussi l'incandescence de la foule,
Elle apaise les tyrans et les ghoules
Avides de ma chair
Avides de mon sang
Avides de mes plaisirs sombreclairs
Avides de mon palpitant.
 
Je ne veux plus régner sur ma progéniture
Et confiner le pur ainsi que l'impur.
De quel droit puis-je juger ce qui ne m'appartient pas?
Etre maître de tous les secrets signera mon trépas.
 
L'heure du réveil a sonné
Mes mots rêvent d'être délivrés.
 
 
December 24

Dédramatisation quotidienne.

Dédramatiser la vie. Au quotidien.  C'est le plus dur, et ce qu'on devrait tous s'exercer à faire. J'aimerais être comme du sable qui coule, coule, et coule, qui ne retient rien, comme un excellent ami m'avait suggéré de faire. Je pense qu'il a raison. Quand les choses semblent se rebeller contre nous, peut-être vaudrait-il mieux ne pas se débattre, et se faire doux et glissant comme un petit savon de marseille. Je ne parle pas de cesser de se battre mais plutôt de ne pas se débattre. Ce n'est pas une attitude molle, mais une attitude pacifique à adopter, notamment envers autrui. Quand autrui ne veut pas comprendre, quand autrui est bouché et qu'autrui nous pète la raie, alors nous on coule comme sur une piste savonneuse le long du dos d'autrui, oui oui je t'écoute autrui même si tu racontes que de la merde, mais ce que je pense, tu t'en tapes, alors tu n'as pas à le savoir... Si pour moi, tout coule, alors c'est tout ce qui compte... Laisser couler et ainsi voir s'évaporer les conflits, les malentendus, les remontrances insensées, les critiques infondées, les beau-parleurs, les esclaves de la raison, les teubê (car ça arrive aussi...) les gros lourdeaux, laisser couler mais ne pas le montrer, juste se faire discret et s'évaporer soi-même dans le décor peu à peu.. puis qu'est-ce qu'on se sent bien ensuite! délivrés! débarrassés! libérés! l'ataraxie la plus totale.
Je suis, on est tous en quête de cette ataraxie, bien qu'on se le cache, bien qu'on cherche du mauvais côté, bien qu'on fasse tout le contraire pour l'atteindre... le mieux : ne rien faire, ne pas trop en faire. La vie est plus facile quand on apprend la simplicité. La simplicité qui s'était égarée dans les névroses qu'on nous impose, qu'on se fabrique.
Alors maintenant je dois me promettre de dédramatiser les conversations, les moments où je me sens naine intellectuelle, où je me sens coconne et niaise face à AUTRUI (ce monstre compliqué de névroses fantasmatiques) de dédramatiser les coups durs de la vie, ce pur hasard informe inconséquent et chaotique, dédramatiser les rapports humains, mes rapports aux autres, et enfinle plus dur : dédramatiser l'image qu'on ne contrôle pas et qu'on ne doit pas contrôler de soi-même. Arrêter de perdre du temps à nier l'évidence, à faire l'imposteur. Je suis naïve, gamine, enthousiaste au plus haut point, raleuse et je ne vais plus me forcer à paraître mûre, sage, mesurée et calme. Je suis surexcitée et crédule. Eh bien, tant mieux! On le vivra tous beaucoup mieux si on apprend dés aujourd'hui à l'accepter sans en faire une troisième guerre mondiale!!!
December 17

Dreamy day

"What we see or what we seem is but a dream within a dream"... Edgar Allan Poe.

L'Etudiant

Venceslas de Profundis, mon modèle, dans la peau d'un étudiant sybarite esthète et rêveur...

ID card

"L'homme aux cent visages", fruit d'une super collaboration avec mon modèle Venceslas de Profundis.

Quiproquo langagier. Les limites de la communication.

Alors que je faisais écrire une très jolie lettre au Père Noël à mes petits premières années, l'un d'entre eux me demande comment on dit "NohPahl" en français. Je fronce le sourcil, un peu surprise, what is this strange place? Je le fais répéter, mais dans le brouhaha et la prononciation limpide des irlandais, je comprends toujours le même "mot"... J'essaie donc de le déchiffrer. Ah mais oui! Le Népal! "NohPahl", ah ben oui, ça tombe sous le sens! Alors je lance au petit un convainquant/convaincu "Tu veux dire le Népal?". C'est à son tour de froncer le sourcil. Souci communicationnel? Je m'adapte, je suis un vrai chat langagier, plein de souplesse et de ressources. J'anglicise la prononciation pour qu'elle soit à sa portée (eh ouais je suis super compréhensive comme assistante): "Nipol?" Ce à quoi le goujeat explose d'un bon gros rire bien gras qui répand alors l'exultation chez tous ses petits camarades. Je fronce le sourcil. Une demi-seconde. "Nipol" c'est la phonétique de "Nipple"... Téton. Alors que cet innocent petit être voulait juste la traduction de "North Pole"...
 
Imaginons ce que ça donnerait en français (j'aime me faire du mal semblerait-il) :
- Madame, comment on dit Le Pôle Nord en anglais?
- Euh... quoi???
- Le Pôle Nord?
- Tu veux dire le Nipol?
- Pardon??
- Le Téton?
 
....
 
Je suis IRRATTRAPABLE!
December 15

"suck the marrow of life"

Quand on demande aux élèves irlandais ce qu'ils projètent de faire après le bac, pour la plupart, ils répondent le tour de l'europe. En effet, beaucoup de parents exhortent leurs enfants à partir un an à l'étranger, à visiter plusieurs pays... non pas en erasmus ou pour travailler, beaucoup partent pour s'ouvrir l'esprit à d'autres moeurs (aidés financièrement tout du long par les généreux parents, of course). Je trouve cela incroyable et je pense qu'ils sont particulièrement chanceux. Ca m'a donné des idées. Je me suis dit que c'était trop bête de se limiter qu'à un seul pays... Pourquoi ne pas partir chaque été dans un pays différent et vivre une vie nomade et campagnarde sur place??? Je me dis que je n'en ai pas fini avec l'étranger. Rester un an dans le même pays, ça peut parfois paraître un peu long, mais bosser pour s'offrir un ou deux mois dans de toutes autres contrées... miam miam! Il y a l'Amérique du Nord, du Sud, l'Europe de l'est... tant de choses à voir et à goûter!
 
J'ai besoin et envie de soleil, de rando, de camping sauvage, d'animaux sauvages, d'océans, de montagnes, de lacs dans lesquels se baigner, de rapports simples sans perte de temps et d'énergie, d'être au plus proche de la nature possible. J'ai besoin de me recharger, de me reposer, de me dépenser, mais de sentir quelque chose de plus intense que le stress passager d'aller voir une classe teubê. J'aimerais INTENSIFIER les choses, enfin. J'aimerais de la musique partout où je vais, chanter à plein poumon, danser, courir, marcher toute la journée, partager des choses simples et belles, faire des fêtes, être désorganisée, être organisée, être multiple et plurielle. Mais je veux me sentir un peu vivre... un peu plus que dans cette bulle de bienséance, entre ces murs froids, et toutes ces barrières du langage... et toutes ces conditions, ces institutions qui nous oppressent au point de n'avoir plus de réel échange pertinent et généreux avec autrui. Je dois vivre cent vies, toutes variées, toutes folles, toutes singulières, toutes généreuses, sans contraintes autres que celles que je me fixerais personnellement. Il ne reste plus qu'a FAIRE à présent. J'ai besoin de ce doux extrêmisme, de cette douce folie, sinon tout me semble fade... Diable, Je veux sucer la moelle de la vie!
 

Nyx Sinüa

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je suis un chat des bois croisé avec un loup insurrectionnel

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